Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/186

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ordinairement cette mission « aux jeunes chanoines freschement retournez des universitéz[1]. » Et Dieu sait comme ces jeunes prêtres se donnaient carrière ! Dans leurs discours emphatiques et boursoufflés, saint Augustin et Plutarque, Platon et saint Ambroise, Lactance et Ficinus, Isocrate et saint Paul, Virgile et Tertullien, Aristote et saint Jérôme étaient cités tour-à-tour, et toujours avec assez peu d’à-propos. « Nos roys (disait, dans une de ces occasions, maître Séquart) ne sont pas comme les anciens princes ethniques (païens) qui faisoient des jeux pour remarquer ung acte signalé. Dagoubert n’a pas institué des jeux pour représenter le miracle de monsieur sainct Romain, ains (mais)ung acte remarquable par personnes ecclésiastiques, par lesquels sont recherchéz tous actes d’humanité et de miséricorde. » Cette comparaison entre nos rois et les ethniques avait été précédée des définitions de la justice, du droit, de l’humanité, de la religion et de la clémence. Une autre fois, un chanoine orateur disait « que les Romains avoient pendu leurs chiens pour n’avoir pas abboyé les ennemiz. » Puis, par une transition un peu brusque, il en venait ensuite au privilége de saint Romain. Plus tard, on décida que toutes ces harangues seraient supprimées ; que le chanoine le plus ancien

  1. Manuscrit du XVIe. siècle. (Anciennes archives du chapitre.)