Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/192

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motif, la cour des Aides ne voulait plus entendre.) Au bailliage, les députés du chapitre ne prioient même pas ; ils se contentaient de dire : « Nous venons pour vous insinuer, etc. Il en résulta que cette juridiction eut aussi son procès, que nous avons rapporté ailleurs, procès intenté sous prétexte que l’huissier du chapitre était venu dans le prétoire du bailliage, portant la baguette haute, ce qui, au dire de messieurs du présidial, était « un attentat à la majesté royale. » La baguette haute pouvait bien ne point agréer à ces magistrats, quoiqu’on l’eut ainsi portée, de tems immémorial, dans leur prétoire ; mais, au fond, ce qui leur déplaisait le plus, c’était que, bien loin de les supplier de recevoir l’insinuation, on ne les en priait même pas : voilà ce qu’ils ne pouvaient supporter. Ce long débat se termina par une scène annuelle passablement bouffonne ; nous l’avons décrite dans l’histoire. Tous ces démêlés venaient de plus haut. La cour des Aides et le bailliage avaient toujours vu avec jalousie et dépit le parlement s’arroger le droit de délibérer seul sur le cartel du chapitre, et envoyer, le jour de l’ascension, chercher dans leurs prisons des détenus qui, à raison de la nature de leurs crimes, n’étaient point ses justiciables naturels. Ce rôle passif et subordonné, à l’égard de délits de leur compétence, leur paraissait humiliant ; ces deux compagnies eurent, à ce sujet, avec le parlement,