Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/281

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on faisait retirer le prisonnier. Alors, commençait la tâche des gens du roi. Comme ils avaient été présens à tout ce qui venait de se passer, ils commençaient par délibérer collégialement entre eux si le cas dont il s’agissait était susceptible ou non du privilége de la fierte. Après quoi, l’un d’eux prenait la parole, et concluait en conformité de la résolution collégiale prise entre eux. Long-tems les avocats-généraux avaient été ou s’étaient dits en possession de parler en cette circonstance solennelle, à l’exclusion du procureur-général. Mais en 1729, M. Durand de Missy, nouveau procureur-général, voulut donner les conclusions sur l’élection des sieurs De Boscgeffroy et De Torcy, et ne fit connaître sa prétention que le jour même de l’Ascension, lorsqu’on allait se rendre à la chapelle du Palais, pour entendre la messe. Au retour dans les salles du Palais, les avocats-généraux réclamèrent vivement contre la prétention du procureur-général. Le parlement, après les avoir entendus dans leurs soutiens respectifs, décida que, par provision, sauf et sans préjudice des avocats-généraux et du procureur-général, ce dernier porterait la parole dans l’affaire de ce jour. Alors, les deux avocats-généraux sortirent de la grand’chambre, d’assez mauvaise humeur, et ils se hâtèrent d’adresser une plainte au roi, contre ce qu’ils appelaient l’entreprise du procureur-général. Dans ce mémoire, qu’ils rédigèrent