Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/508

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et poussé des cris pour troubler la réunion, les nommés Castelnau et Aubry sortirent, et les maltraitèrent. Alors commença entre eux un combat dont les sieurs De Pasté et Drieu se mêlèrent. Dans ce combat périrent Aubry et un des domestiques du sieur Drieu.


1687. Philippe De Mathan, écuyer, sieur de Tournay, âgé de 26 ans, demeurant à Fréville, diocèse de Coutances, chez le sieur De Fréville, père de sa femme.
    Sa mère avait épousé, en secondes noces, le sieur De Saint-Poix, qui, abusant de la facilité de Philippe De Mathan, l’avait ruiné ou du moins réduit à une position fâcheuse, le forçant à lui abandonner la jouissance de sa terre de Magny. Ils avaient eu des démêlés ensemble, mais ils s’étaient rapprochés, et Saint-Poix s’était même chargé de réconcilier Philippe De Mathan avec le sieur De Mathan de Sémilly, son frère aîné ; et, pour cela, ils s’étaient rendus au château de Sémilly, résidence de ce frère aîné, où les deux frères s’étaient embrassés. Le 21 décembre 1685, Philippe De Mathan, voulant aller à la chasse au loup, avec le sieur De la Luzerne, prit le fusil du sieur De Saint-Poix, et le brisa en sautant un fossé du château de Sémilly. Le sieur De Saint-Poix survint. Fâché de voir son fusil endommagé, il adressa des injures à Philippe De Mathan, et lui dit que, s’il voulait tirer, il achetât des fusils. « Vous m’avez mis hors d’estât et en pouvoir acheter, en me volant tout mon bien », lui répondit Philippe. Ce mot excita la colère De Saint-Poix, qui se jeta sur Philippe, cherchant à lui prendre le fusil qu’il avait endommagé. Mathan résista. « Pendant qu’ils tiroient ainsi ledit fusil l’un contre l’autre, le coup dont ce fusil estoit chargé partit et frappa le sieur De Saint-Poix, qui mourut trois heures après. »