Page:Ampère - L’histoire romaine à Rome, tome 2.djvu/233

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Strabon admirait ces canaux[1] souterrains dans lesquels on aurait pu faire passer une charrette chargée de foin.

Pline[2] déclarait ce travail le plus grand de tous. Avec la pompe de son style et quelque exagération, il parlait de montagnes creusées en dessous, de la ville suspendue sur ces cavités, théâtre d’une navigation souterraine. Puis il s’écriait :

« Le sol est ébranlé par la chute des édifices, par les tremblements de terre, et cependant ces constructions durent inexpugnables. »

Près de dix-huit siècles se sont écoulés depuis que Pline parlait ainsi, et ce qui l’étonnait nous étonne. Nous ressentons cette stupeur dont parle Cassiodore[3], et, durant bien des siècles encore, d’autres l’éprouveront après nous.

Oui, l’on est stupéfait de tant de grandeur et de solidité. Je ne croyais pas qu’il fût possible d’admirer si fort un égout.

La Cloaca Maxima faisait partie d’un vaste réseau de conduits souterrains dont elle recevait le tribut qu’elle allait décharger dans le Tibre. Sous la république, on a dépensé en une seule fois pour le réparer une somme de cinq millions[4].

  1. Str., V, 3, 8.
  2. Hist. nat., XXXVI, 24 ; I, 4.
  3. Cass. Var., Ep., III, 30.
  4. Den. d’Hal., III, 67.