Page:Anatole France - Les Contes de Jacques Tournebroche.djvu/113

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haut, dans un cercle de ramoneurs, de chambrières et de marmitons, accourus aux éclats de sa voix :

« “Nous qui avons en horreur les fêtes des juifs, et qui trouverions étranges leurs sabbats, leurs nouvelles lunes, et les solennités autrefois chéries de Dieu, nous nous familiarisons avec les saturnales et les calendes de janvier, avec les matronales et les brumes ; les étrennes marchent, les présents volent de toutes parts ; ce ne sont en tous lieux que jeux et banquets. Les païens observent mieux leur religion, car ils se gardent de solenniser aucune de nos fêtes, de peur de paraître chrétiens, tandis que nous ne craignons pas de paraître païens en célébrant leurs fêtes.”

« Vous avez entendu, ajouta M. Spon. C’est Tertullien qui parle de la sorte et vous fait paraître du fond de l’Afrique, monsieur, l’indignité de votre conduite. Il vous crie : “Les étrennes marchent ; les présents volent de toutes parts. Vous solennisez les fêtes des païens.” Je n’ai pas l’honneur de connaître votre directeur. Mais je frémis, monsieur, à la