Page:Anatole France - Les Contes de Jacques Tournebroche.djvu/223

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soin de s’enrichir aux dépens de ces barbares qu’ils jugeaient stupides et qu’ils pouvaient toujours livrer aux bourreaux, pour faire taire les plaintes importunes. Komm choisissait les hommes les plus forts. Les autres, malgré leurs larmes et la peur qu’ils lui exprimaient de mourir de faim ou des Romains, étaient congédiés. Il ne voulait point avoir une grande armée, parce qu’il ne voulait point faire une grande guerre, ainsi que Vercingétorix.

Avec sa petite troupe, il enleva un peu de jours plusieurs convois de farine et de bestiaux, massacra, jusque sous les murs de Némétceenne, des légionnaires isolés et terrifia la population romaine de la ville.

— Ces Gaulois, disaient les tribuns et les centurions, sont des barbares cruels, contempteurs des dieux, ennemis du genre humain. Au mépris de la foi jurée, ils offensent la majesté de Rome et de la Paix. Ils méritent une peine exemplaire. Nous devons à l’humanité de châtier les coupables. Les plaintes des colons, les cris des soldats montèrent jusqu’au tribunal du questeur.