Page:Anatole France - M. Bergeret à Paris.djvu/24

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dait peu à peu, en vieillissant, l’usage de la parole. Il était las de vendre des livres, il voyait le métier perdu, et il lui tardait de céder son fonds et de se retirer dans sa maison de campagne, où il passait tous ses dimanches.

Bergeret s’enfonça, à sa coutume, dans le coin des bouquins, il tira du rayon le tome XXXVIII de l’Histoire générale des voyages. Le livre cette fois encore s’ouvrit entre les pages 212 et 213, et cette fois encore il lut ces lignes insipides :


« ver un passage au nord. « C’est à cet échec, dit-il, que nous devons d’avoir pu visiter de nouveau les îles Sandwich et enrichir notre voyage d’une découverte qui, bien que la dernière, semble, sous beaucoup de rapports, être la plus importante que les Européens aient encore faite dans toute l’étendue de l’Océan Pacifique ». Les heureuses prévisions que sem-