Page:Andersen - Contes d'Andersen, traduit par Soldi, Librairie Hachette et Cie, 1876.djvu/84

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Hélas ! hélas ! » soupira petit Claus dans le sac se tournant et se retournant ; mais il ne put arriver à délier la corde.

Par hasard, une vache, échappée de la prairie se sauva de ce côté, et un vieux berger courut à sa poursuite pour lui faire rejoindre son troupeau. Voyant le sac qui remuait, il s’arrêta.

— Qui est là ? s’écria-t-il.

— Un pauvre jeune homme qui doit tout à l’heure entrer au paradis.

— Tu es bien dégoûté ! Moi, pauvre vieillard, je serais bien content d’y entrer le plus tôt possible.

— Et bien ! mon brave, ouvre le sac et mets-toi à ma place ; bientôt tu y seras.

— De tout mon cœur ! dit le vieux berger en ouvrant le sac pour faire sortir le petit Claus. Mais me promets-tu de garder mon troupeau ?

— Certainement ! »

Et le vieillard entra dans le sac, que petit Claus referma. Après cela, Claus réunit tout le bétail, et s’en alla en le poussant devant lui.

Quelques moments après grand Claus sortit du cabaret et remit le sac sur son dos. Il le trouva bien léger, car le vieux maigre berger pesait bien moins que petit Claus. « C’est l’eau-de-vie qui m’a donné des forces, dit-il, tant mieux. » Et ar-