Page:Andry - Traité des aliments de carême, 1713, tome I.djvu/205

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


La bonté du chou, continuë nôtre Auteur, est si bien établie, qu’on se servoit autre-fois du suc de cette plante pour guerir les ulceres les plus fâcheux. A la bonne heure ; mais cela, & toutes les autres vertus medicinales, que cet Auteur remarque dans le chou, prouvent que ce peut être un bon médicament, & ne prouvent rien davantage : or il ne s’agit pas ici de médicament. Mais, dira-t-il, les Anciens mangeoient neanmoins des choux dans leurs repas ; ils en mangeoient à l’entrée ; ils en mangeoient sur la fin. Oüi, mais c’est qu’ils croïoient que pourvû qu’ils mangeassent du chou, ils pouvoient boire tant qu’ils vouloient, sans s’enyvrer, ou que s’ils venoient à être surpris par le vin, il n’y avoit qu’à recourir au chou, pour dissiper aussi-tôt les fumées du vin : témoin les Egyptiens, qui commençoient par manger du chou, lorsqu’ils vouloient se préparer à bien boire[1]. On y étoit souvent trompé ; mais toûjours voilà la raison qui faisoit tant aimer le chou aux Anciens : car du reste, ils sçavoient que cette plante ne laissoit pas d’avoir ses mauvaises qualitez, & qu’entre plusieurs maux qu’elle étoit capable de causer, quand on en faisoit un trop grand usage, on pouvoit compter l’af-

  1. Athen. l. 2. Nonn. de re Cibar. l. 1. c. 19.