Page:Andry - Traité des aliments de carême, 1713, tome I.djvu/206

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foiblissement de la vûë, à moins que les yeux ne fussent alterez par une trop grande abondance d’humiditez, auquel cas seulement ils prétendoient que les choux pouvaient convenir à la vûë. C’est ce qui est cause que l’on trouve dans quelques Auteurs, que le chou est bon aux yeux, & dans d’autres, qu’il y est contraire ; la pensée des uns étant qu’il est bon aux yeux trop humides, & celle des autres, qu’il est nuisible aux yeux qui ne pêchent point en humiditez, & qui sont dans leur état naturel[1]. Voilà ce que l’Auteur du Traité des Dispenses paroit n’avoir pas compris, lorsqu’il s’écrie, comme nous l’avons remarqué

  1. Succum generat, non laudatum ut lactuca, sed pravum & melancholicum, quo magis mirandum ejus usu plurimos ita effusè delectari. Siccandi enim facultatem habet ínsignem. Quâ de causâ visum hebetare vetustas tradidit. Dioscorides tamen hebetioribus oculis prodesse dicit : Plinius etiam, lib. 20. cap. 9. Hunc cibum & oculorum claritati conferre multum. Sed lis hæc componi potest facile, cum variæ sint causæ quæ visum offendant. Aliæ enim exsiccando & extenuando, aliquæ humectando & incrassando offendunt ubi itaque oculi læsi sunt propter crassitiem & humiditatem, prodest brassica quia extenuat & exsiccat, quod Dioscorides Pliniusque innuunt. Si verò visus propter siccitatem, & tenuitatem hebetior factus fuerit, maxime nocet brassica. Hoc satis dilucidè innuit Galenus cum dicat lentem & brassicam visum hebetare, nisi forte totus oculus humidior fuerint, quàm naturalis ejus constitutio postulat, quo casu juvare potest. Ludov. Nonn. de re Cibar. lib. 1. cap. 10.