Page:Andry - Traité des aliments de carême, 1713, tome I.djvu/207

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plus haut : Accuser le chou d’être nuisible à la vûë, c’est injustice, puisqu’on le croit propre à la fortifier. Car c’est comme s’il disoit, accuser le chou d’être nuisible à la vûë, lorsqu’elle est dans son état naturel ; c’est injustice, puisqu’on le croît propre à la fortifier, lorsqu’elle est affoiblie par une trop grande abondance d’humiditez. Au reste, que les Anciens regardassent le chou comme nuisible aux yeux sains, le fait est si constant, que c’est pour cela même qu’ils l’ont appellé κοράμβλη, & par Syncope, κράμβη, qui signifie, nuisible aux yeux.

Nunc veniat quamvis oculis inimica coramble.[1]

Quelques-uns croïent, sur certaine tradition, que les Romains pendant l’espace de six cens ans, sçûrent trouver dans l’usage du chou, de quoi s’exempter de maladies. Cela seroit à la gloire du chou ; mais nous ne faisons pas difficulté d’avancer avec un célébre Medecin, qu’il est absurde de s’imaginer que les Romains, pendant ces six cens ans, que le luxe & la bonne chère n’étoient pas encore connus parmi eux, aïent dû leur santé au chou, plûtôt qu’à leur frugalité ; d’au-

  1. Colum. Voïez Nonn. de re Cibar. lib. 1. cap. 10.