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ANNALES DU MUSÉE GUIMET
J’annonce et j’offre [ce sacrifice] aux Années, saintes, maîtres de sainteté.

10(33). J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à tous ces Maîtres, maîtres de sainteté, au nombre de trente-trois, qui s’approchent d’ici à l’heure de Hàvani[1]; maîtres de la Sainteté parfaite, enseignés par Mazda, proclamés par Zarathushtra[2].
11(34). J’annonce et j’offre [ce sacrifice] à Ahura et à Mithra [3], grands, impérissables et saints ;

et aux Étoiles, créations de l’Esprit Bienfaisant [4] :

à Tishtrya, étoile brillante et glorieuse[5] ;

à la Lune, qui contient le germe du Taureau[6] ;

au Soleil, aux chevaux rapides, œil d’Ahura Mazda ;

à Mithra, maître des pays[7].

    (â Nàsatyà tribhir ekâdaçair iha devebhir yâtam madhupeyam Açvinâ, I, 34, 11; cf. I, 139, 11 ; IX, 92, 4, etc.).

  1. pairish-hàvanay : N. : parivartulam hàûana-samdhyâyâs.
  2. Enseignés à Zoroastre par Ormazd et par Zoroastre aux hommes.
  3. Ahhraèibya Mithraêihya ; dvandva archaïque déformé et d’idée, sur le type du dvandva védique Mitrà Varuṇà et qui s’explique de même : Ahura Mazda, comme dieu du ciel (v. Appendice A), était en union étroite avec Mithra, dieu de la lumière solaire (cf. Ormazd et Ahriman, 62-66 et Y. LYII, 2).
  4. Par opposition aux planètes, qui appartiennent à Ahriman.
  5. Tishtrya ou Sirius, le généralissime de l’armée des étoiles : v. le Yasht de Tir (Yt. YIII).
  6. gaucithra : quand le Taureau Aèvὸdàta (v. note 11) mourut sous les coups d’Ahriman, sa semence, transportée dans la sphère de la lune, y fut purifiée dans la lumière de l’astre et un couple en fut formé, d’où sortirent deux cent quatre-vingt-deux espèces (Bund., IV et X). — Le rapport établi entre la lune et le Taureau tient sans doute au croissant : le char de la lune, disaient les Persans du temps d’Albîrùnì, est traîné par un bœuf de lumière, qui a deux cornes d’or et des pieds d’argent : il parait un instant dans la nuit du 16 Dai et disparaît : si un homme fait un vœu en l’apercevant, il sera exaucé (Chronology, p, 213). Cf. l’introduction au Yasht de la Lune (Yt. VII) et Yd. XXI, 1.
  7. « Le dabyupaiti des dahyus ». Glose ; « Mithra est, en dehors des Amshaspands, le grand dahyupat des pays terrestres. » Le passage correspondant du Hâ II a « le dabyupaiti de toutes les dahyus » c’est-à-dire le dahyupaiti universel. Dahyupaiti ou « chef de pays » a dû être synonyme de Shàh « roi » et au besoin de Shàhinshàh « roi des rois » ; car il est dit que la dignité de dahyupat a été établie par Hôshang :