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ANNALES DU MUSÉE GUIMET
bœuf, à partir de la ceinture il est homme. Il se tient toujours au bord de la mer, offre le sacrifice à Dieu et verse du zôr dans la mer. Sous l’action du zôr qu’il verse, d’innombrables reptiles périssent dans les eaux : s’il ne se livrait sans cesse à ce sacrifice et ne versait toujours le zôr dans la mer, et ne détruisait ainsi d’innombrables reptiles, toutes les fois qu’il pleut, il pleuvrait des reptiles »[1].

IV

Si l’on considère la suite et le caractère des textes dont se compose cette seconde partie du Yasna, on voit toute une série de ces textes se détacher d’eux-mêmes et sans effort de l’ensemble. Ce sont :
1° Les trois Hâs de commentaire sur les trois grandes prières, formant le Baghân Yasht. Ces trois Has sont un débris d’un des vingt et un Nasks dont se composait l’Avesta primitif, le Bak Nask. Le Dìnkart nous a conservé l’analyse de ce Nask[2], et les trois premiers chapitres de cette analyse, consacrés aux trois prières, suivent si exactement notre texte, qu’il n’est guère possible de douter que l’original zend des trois premiers chapitres du Bak Nask était identique au texte de nos trois Hâs.
2° Les Gàthas ; le texte le plus sacré de tout l’Avesta. On les a pour cette raison incorporées dans le sacrifice dont elles forment l’âme. Elles feront l’objet d’un examen spécial (chapitre vii).
3° Le Srôsh Yasht (Hâ LVII), hymne de glorification en l’honneur de Sraosha, analogue de caractère au Hôm Yasht (IX-XI), et attiré ici par les formules du Hà LVI.
Tous ces textes se présentent comme ayant une existence indépendante et ne semblent pas avoir été écrits pour un objet liturgique. On y peut joindre peut-être l’Âfringân Dahmân.
  1. Minôkhard, LXII, 31-36.
  2. West, Pahlavi Texts, IX, 303-311.