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ZEND-AVESTA. — INTRODUCTION I : LES ÉTUDES ZOROASTRIENNES


sacrés de Zoroastre, fut entendu, et dès ce moment on songea à aller étudier le Parsisme dans son foyer même.
Dix-huit ans plus tard un marchand de Surate, Georges Boucher, reçut des Parsis de Surate un exemplaire du Vendidad Sadé qu’il offrit à la Bodléienne et qui fut apporté à Oxford en 1723 par Richard Cobbe, d’Oriel Collège : mais il restait lettre close et on se contenta de le fixer à une chaîne de fer au mur de la Bodléienne 1 [1]. Quelques années plus tard, l’Écossais Frazer, conseiller à Bombay, se rendit à Surate pour étudier auprès des Parsis : ils lui vendirent deux manuscrits et lui refusèrent leurs leçons.
Cependant les dissertations sur le Magisme s’entassaient dans les mémoires des Académies, toutes reposant plus ou moins sur le livre de Hyde. Fréret esquissait en quelques pages un tableau du Parsisme d’après le Saddar, et l’abbé Foucher faisait au long l’histoire des huit périodes de la religion perse et démêlait avec une grande abondance d’érudition la carrière du premier Zoroastre, fondateur de la secte sous Cyaxare, roi des Mèdes, et du second Zoroastre, le restaurateur, sous Darius, fils d’Hystaspe 2 [2].

II

Pendant que l’abbé Foucher lisait ses mémoires à l’Institut, Anquetil-Duperron revenait de l’Inde, rapportant les principaux livres des Parsis et les matériaux d’une traduction complète. En 1754, Anquetil, alors âgé de vingt ans et élève de l’École des langues orientales, vit par hasard chez l’orientaliste Leroux-Deshauterayes quatre feuillets calqués sur le Ven-
  1. 1. On lui donna le titre suivant : Leges sacrae ritus et liturgia Zoroastri... scripsit hunc librum Iched Divdadi filius, Vendidad étant pris pour un nom d’homme. Le manuscrit a été écrit l’an 1050 de Yazdagird (1680-1681 de notre ère). C’est le n° 322 du fonds Bodley, Orientalia.
  2. 2. Mémoires de l’ Académie des inscriptions et belles-lettres, de 1759 à 1772.