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ZEND-AVESTA. — INTRODUCTION I : LES ÉTUDES ZOROASTRIENNES
quatre ans plus tard, en 1830, que parut dans le Journal asiatique (n° d’avril), le premier essai sur le pehlvi des manuscrits, essai d’une rare sagacité, dû à Joseph Müller. D’autre part, la limitation étroite des ressources traditionnelles dont disposait Burnouf l’avait forcé de s’adresser à l’étymologie et au sanscrit plus qu’il n’aurait fait s’il avait eu en main des matériaux directs plus considérables. On peut dire que les seules erreurs que l’on puisse, après cinquante ans d’études, relever dans son Commentaire, se sont presque toutes produites dans les cas où il crut pouvoir chercher dans l’étymologie et l’analogie du sanscrit les lumières que la tradition lui refusait. L’étymologie ne donne jamais que des possibilités, jamais des réalités : les réalités ne peuvent être fournies que par l’histoire, la tradition, le témoignage positif des faits. Il est certain que si Burnouf avait vécu, à mesure que les documents se seraient multipliés, il aurait fait la part de moins en moins large à l’étymologie et se serait contenté de fournir des faits à la grammaire comparée au lieu de lui demander des secours.

V

On pouvait prévoir qu’à !a mort de Burnouf, l’unité de la science se briserait. Les uns chercheraient à réunir tous les documents qui éclairent l’Avesta, toute la littérature à laquelle il a donné naissance, toutes les traditions qui en sont venues jusqu’à nous ; les autres demanderaient aux combinaisons étymologiques le secret du livre. Seul, parmi les successeurs de Burnouf, l’abbé Windischmann, sut réunir les deux méthodes, avec une sagacité pénétrante qui parfois rappelle le maître[1].
Au moment où mourait Burnouf (1832), commençait la publication simultanée de deux éditions critiques de l’Avesta, l’une par le Danois Westergaard, l’autre par le Bavarois Spiegel. Westergaard, au retour d’un
  1. Voir en particulier ses essais sur Haoma et sur Ânàhita. Ses œuvres posthumes ont été réunies par M. Spiegel, Zoroastriche Studien, 1862.