Page:Anonyme - Le Roi du nord, biographie et portrait, 1891.djvu/7

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ce prêtre modeste et courageux qui en a été la cheville ouvrière. Un trait entre mille fera connaître la manière dont ce travailleur infatigable poursuivait son œuvre.

C’était vers l’année 1872. Il s’agissait de faire voter par la cité de Montréal un million de piastres pour aider à la construction du « Chemin de fer du Nord » et, par suite, à la construction de l’embranchement de Saint-Jérôme. Le curé Labelle prétendait, avec raison, que la cité de Montréal devait retirer de cette œuvre toutes sortes d’avantages. Elle trouverait un débouché pour ses produits et tirerait en outre, de ces régions le combustible qui lui faisait défaut. Or, un jour d’hiver, à l’époque du jour de l’an, on vit le curé Labelle arriver de Saint-Jérôme à la tête de deux cents de ses habitants qui amenaient chacun un voyage d’érable pour distribuer aux pauvres de Montréal. C’était une façon pratique et généreuse en même temps de montrer à quoi pouvait servir, le cas échéant, le chemin de fer qu’il voulait construire. Ce n’était plus l’assertion si connue :


« C’est du Nord aujourd’hui que nous vient la lumière ; »


Mais bien :

« C’est du Nord désormais que viendra la chaleur. »

Du reste, c’était bien là le trait frappant du caractère du curé Labelle : l’utilité publique avant tout ; la bienfaisance dans le progrès.

La politique l’inquiétait peu ; les partis ne comptaient guère pour lui. Son gouvernement idéal, — quelles que fussent d’ailleurs ses idées, —