Page:Anonyme - Macaire, chanson de geste.djvu/71

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mais ne l’aurait-il pu sans prendre à partie Charles V et M. Flourens, l’un pour avoir eu recours « au jugement de Dieu dans presque tous les cas un peu graves, » l’autre pour avoir dénié la réflexion aux bêtes ? N’aurait-il pu s’abstenir aussi de donner à croire aux bonnes gens que l’affaire était « mentionnée aux registres du parlement, où se trouve également un extrait du procès-verbal constatant les diverses péripéties et le résultat du combat ? » — Eh ! non vraiment, il ne l’aurait pu sans réduire d’autant le nombre de lignes de sa petite drôlerie. C’est encore le cas de répéter avec le moine de Trois-Fontaines : Lucri gratia ita composita.

Ici se termine l’histoire de notre poëme en France.


Reprenons cette histoire à l’étranger, où la chanson de Macaire ne fut pas accueillie avec moins de faveur.

Qu’elle ait d’abord pénétré en Italie et de très-bonne heure, c’est un point hors de doute. Le manuscrit de Venise où je l’ai retrouvée date du XIVe siècle, et de la première moitié de ce siècle plutôt que de la seconde. En outre, comme la version estropiée par le compilateur italien différait manifestement, pour le fond comme pour la forme, de celle qu’avait sous les yeux, vers 1240, le moine de Trois-Fontaines, comme cette version était à la fois plus simple et en vers d’un mètre plus ancien, il y a toute apparence que la chanson de Macaire ou de la Reine Sibile fut connue en Italie dans sa nouveauté.