Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 8.djvu/493

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L’Isle inconnue

de l’ordre exprès du père, venoient reconnoître par eux mêmes ce qui retenoit si long-temps les chaſſeurs dans le haut de l’iſle. Inquiet de ce retard extraordinaire, après le retour de leurs compagnons, le père avoit cru devoir leur envoyer la chaloupe, pour leur porter du ſecours, ſ’il en étoit besoin, ou pour les rappeler, s’ils n’y étoient que pour s’occuper de la chaſſe.

Cette rencontre ineſpérée fut infiniment agréable aux deux détachemens ; mais celui de Henri parut bien étonné de voir la troupe de Joſeph augmentée de trois perſonnes étrangères, & ne le fut pas moins de l’hiſtoire ſuccincte de leur délivrance. Les gens de la chaloupe leur firent l’accueil le plus humain, entrèrent dans leurs peines, & tâchèrent de les conſoler, en les aſſurant que toute la colonie les verroit avec le plus grand intérêt, & mettroit en œuvre tous les moyens pour leur faire oublier leurs diſgraces. L’anglois leur fit un remerciement froid & contraint ; mais le françois & l’eſpagnole répondirent d’un air pénétré à ces témoignages de bienveillance.

Après ces aſſurances réciproques de ſatisfaction & d’attachement, les deux troupes ſ’embarquèrent & ſuivirent le cours du fleuve en ramant avec vigueur. L’on fit tant de di-