Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/293

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seule route par laquelle il soit donné à l’homme d’arriver sans faux pas à la conquête de régions inconnues ; là, Maurolycus et Porta crieront à leurs contemporains que le problème de découvrir ce qui est, présente assez de difficultés pour qu’il soit au moins bien présomptueux de se jeter dans le monde des intelligences à la recherche de ce qui doit être ; là, ces deux célèbres compatriotes d’Archimède commenceront à dévoiler le rôle des divers milieux dont l’œil est composé, et se montreront résignés, comme le furent plus tard Galilée et Newton, à ne pas s’élever au-dessus des connaissances susceptibles d’être élaborées ou contrôlées par nos sens, et qu’on stigmatisait, sous les portiques de l’Académie, de la qualification dédaigneuse de simple opinion. Telle est, toutefois, la faiblesse humaine, qu’après avoir suivi, avec un rare bonheur, les principales inflexions de la lumière à travers la cornée et le cristallin, Maurolycus et Porta, près d’atteindre le but, s’arrêtent tout à coup, comme devant une insurmontable difficulté, dès qu’on oppose à leur théorie que les objets doivent paraître sens dessus dessous si les images dans l’œil sont elles-mêmes renversées. L’esprit aventureux de Kepler, au contraire, ne se laisse pas ébranler. C’est de la psychologie que part l’attaque, c’est par de la psychologie claire, précise, mathématique, qu’il renverse l’objection. Sous la main puissante de ce grand homme, l’œil devient, définitivement, le simple appareil d’optique connu sous le nom de chambre obscure : la rétine est le tableau, le cristallin remplace la lentille vitreuse.

Cette assimilation, généralement adoptée depuis Kepler,