Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/461

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« munes nous étaient opposés. » Il m’a semblé curieux de rechercher à quelle classe de la société appartenaient ces personnages parlementaires dont parle Watt, et qui refusaient à l’homme de génie une faible partie des richesses qu’il allait créer. Jugez de ma surprise lorsque j’ai trouvé à leur tête le célèbre Burke ! Serait-il donc vrai qu’on peut s’être livré à de profondes études, être un homme de savoir et de probité, posséder à un degré éminent les qualités oratoires qui émeuvent, qui entraînent les assemblées politiques, et manquer quelquefois du plus simple bon sens ? Au surplus, depuis les sages et importantes modifications que lord Brougham fait introduire dans les lois relatives aux brevets, les inventeurs n’auront plus à subir la longue série de dégoûts dont Watt fut abreuvé.

Aussitôt que le parlement eut accordé une nouvelle durée de vingt-cinq ans à la patente de Watt, cet ingénieur et Boulton réunis commencèrent à Soho les établissements qui ont été pour toute l’Angleterre l’école la plus utile de mécanique pratique. On y dirigea bientôt la construction de pompes d’épuisement de très-grandes dimensions, et des expériences répétées montrèrent qu’à égalité d’effet, elles économisaient les trois quarts du combustible que consumaient précédemment celles de Newcomen. Dès ce moment, les nouvelles pompes se répandirent dans tous les pays de mines, et surtout dans le Cornouailles. Boulton et Watt recevaient, pour redevance, la valeur du tiers de la quantité de charbon dont chacune de leurs machines procurait l’économie. On jugera de l’importance commerciale de l’invention, par un fait authen-