Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/474

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surde a du bon, même en économie politique ; et, dans leur sens droit, les ouvriers vous diront eux-mêmes que la rivière a créé l’immense capitale où ils trouvent tant de ressources ; que, sans elle, Paris serait peut-être encore un Villejuif.

Les bons Parisiens s’étaient félicités jusqu’ici du voisinage de ces inépuisables carrières où les générations vont arracher les matériaux qui servent à la construction de leurs temples, de leurs palais, de leurs habitations particulières. Pure illusion ! La nouvelle économie politique vous prouvera qu’il eût été éminemment avantageux que le plâtre, que les pierres de taille, que les moellons ne se fussent trouvés qu’aux environs de Bourges, par exemple. Dans cette hypothèse, supputez en effet sur vos doigts le nombre d’ouvriers qu’il eût été nécessaire d’employer pour amener sur les chantiers de la capitale toutes les pierres que, depuis cinq siècles, les architectes y ont manipulées, et vous trouverez un résultat vraiment prodigieux ; et, pour peu que les nouvelles idées vous sourient, vous pourrez vous extasier à votre aise sur le bonheur qu’un pareil état de choses eût répandu parmi les prolétaires !

Hasardons quelques doutes, quoique je sache très-bien que les Vertot de notre époque ressemblent parfaitement à l’historien de Rhodes, quand leur siége est fait.

La capitale d’un puissant royaume peu éloigné de la France est traversée par un fleuve majestueux que les vaisseaux de guerre eux-mêmes remontent à pleines voiles. Des canaux sillonnent, dans toutes sortes de