Page:Archives israelites 1851 tome12.djvu/129

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


_ — tsuturn. 119 · Gm üvers artistes ne sont pas tous des débutants dans la car. rière: qnelques·uns sont déja connus, d'autres le seront bientot, plusieurs üniront par l’étre; quant à leurs œuvres, un petit nombre semblent porter la trace de la croyance religieuse de leurs auteurs, sont empruntées i nos traditions ou animées de ' l’esprit des livres saints: la plus grande portion néanmoins est mee du fonds commun. Le premier tableau qui se présente s notre appréciation et par le mérite de l’artiste et par la va l eur de la composition, c’œt celui de M. A. Lœmstn, intitulé la Vision on Zacmtnm. M. Lœmlein, l’autenr du Songe de Jacob et du Réveil (Adam, a déjà obtenu la médaille de euxième classe: nos lecteurs le connaissent de longue date, puisqu’il a plus d’une fois écrit dans nos colonnes, et dernièrement, entre autres, racontant dans les Archives Pintéressante biographie de son oncle, il nous ' initiait, presque sans le vouloir, aux souffrances et a la labo- rieuse odyssée de sa propre jeunesse. H. Lœmlein est, avant tout, un artiste sérieux, convaincu, digne; il aime trop l’art qu’il cultive pour se laisser aller à des frivoles esquisses ou pour produire en courant; c’est a force de labeurs et, nous pouvons le dire sans crainte comme lui·méme l’avoue sans honte, à force de privations, qu’il arrive à mettre au jour ces œuvres considérables qui lui coûtent en sacrifices pé- cuniairœ, en temps dépensé, en méditations, dix fois plus que ' d’autres ne dépensent en de lucratives ébauches; il eût pu, comme d’antres, faire du métier et arriver aussi vite que qui que ce soit, sinon a la fortune, du moins a une commode et soporiüque aisance; il ne l’a pas voulu, et nous l’en honorons. C’est à l’art qu’i2l œt resté et qu’il restera fidèle; mais nous croyons ·qu’un heureux avenir est réservé a son consciencieux talent. Si la Pro- vidence ne se croit pas tenue, comme nous l’avons montré ail- leurs (1), de rémunérer directement chaque acte par ses consé- qnences, il n’en faut pas conclure, d’un autre coté, que la société actuelle broie impitoyablemeut ceux qui préfèrent la gloire à l’argent, et les artistes qui aiment mieux ne pas mettre leur facilité et leur brio a l’encan, vivre en philosophes et peindre en poëtes, que d’exécuter des copies a tant la journée ou de brosser des sujets vulgaires. ` Un des caractères principaux du talent de M. Lœmlein, un de ses principaux défauts, selon bien des gens, un de ses mé- rites, selon nous, c’est de ne point s’att¤cher à des sujets ba- nnlset de toujours chercher à représenter sur la toile une idée grande, élevée, féconde et forte; il a peu de tendresse pour cs (1) Esquisse sur la philosophie du poème de Job.