Page:Archives israelites 1851 tome12.djvu/636

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626 sacmvss beur et qui ïappliqueîau nmedi comme,anx fêtes, â la semine comme au samedi, c’est quelle progrès ne s’est paslait seulement dans l’oflice et les otliciauts; il s’est accompli aussi dans le public. Grâce aux sages mesures prises par le Consistoire et corroborées par les paroles de I. le Grand-Rabbin; grâce à l’énergie de l’ad— ministration du templeet de ses employés, l’ordre et la décence règnent aujourd’hui, où régnait naguère une sauvage anarchie. Le public messiu a faitson éducation; nous ne voyons plus les particuliers, s’érigeant chacun en autant de chaszanîm improvisés, lutter de poumons avec ,l’ofliciant et transformer en ménagerie hurlante la maison du Seigneur. En voyant disparu, comme par enchantement, ce brouhaha classique des synagogues allemandes, qui avait fait du sabbat-—c’est-à-dire du repos! —— le synonyme proverbialdu tumulte et de la confusion, j’ai été saisi,d’admira- tion, et j’ai béni les hommes intrépides qui avaient opéré ce prodige. Faut-il le dire? j’ai trouvé même que le Consistoire a trop réussi. On sait bien, dit un personnage de comédie, qu’il faut battre sa femme, mais il ne faut pas l’assommer. Vous vou- liez brider l’intempérance des vocilérateurs, c’est à merveille. ll fallait faire taire la « discordante harmonie » du temple, mais il ne fallait pas lui imposerle silence du cimetière. Aux intonations énergiques du chazzan, aux bruyants répons du chœur, succède tout à coup un mutisme apparent, universel, qui aquelque chose d’effrayant et de triste. Ce contraste, cette brusque alternative d’animatiou et de léthargie, serre le cœur et étonne les oreilles; c"est la douche d’eau froide après le bain de vapeur. Cette immo- bilité de commande et de police, qui rappelle la discipline du régiment, sied mal àla spontanéité de la prière. Faut de la po- lice, Messieurs de Padministration, pas trop u’en faut, si vousne voulez pas que nos enfants disentun jour aux vôtres, comme Chicaneau à l’lntimé: Touches li! vos pareils sont gens que je révère ; · Etj’si toujours été nourri par feu mon père Dans la crsiutede Dieu, Monsieur, - et des serpents (I). Le culte public, quoi qu’on en dise, est une sorte de représen- (l) LssPI•id••rn, acte II, scène tv. `