Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/114

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Dans l’Artibonite, dans l’Ouest, les mêmes horreurs furent commises, en masse, sur des individus noirs et jaunes simplement soupçonnés d’être secrètement des partisans de Rigaud. À l’Arcahaie, un mulâtre nommé Laraque, très-clair de teint et s’efforçant d’être blanc, et un vrai blanc nommé Robes, le premier commandant de la place, le second adjudant, se distinguèrent dans ces boucheries d’hommes. Au Port-au-Prince, Jean-Philippe Dupin ; à Léogane, Dieudonné Chambon ou Jambon, deux noirs, et un mulâtre nommé Morba, rivalisèrent de cruauté avec les autres exécuteurs.

N’entrons pas dans plus de détails de ces actes de barbarie sauvage commis par la volonté de T. Louverture, afin de détourner promptement notre vue de ce spectacle douloureux, qui ne faisait plaisir qu’aux seuls colons de Saint-Domingue, aux émigrés admis à partager leur joie, dans ces festins de cannibales, comme au temps où la population blanche du Cap assistait au supplice d’Ogé et de Chavanne. Mais, résumons ces faits cruels par une nouvelle citation du rapport de l’honnête Kerverseau :

« Je ne vous peindrai point, dit-il, Toussaint Lou-

    une lettre au Sénat de la République, pour réclamer des modifications au code pénal militaire de Dessalines, qui établissait de nombreux cas de mort et la peine des verges contre les soldats. Cette lettre est de la main de Boyer, alors son aide de camp. Le Sénat forma une commission composée du général Yayou et Daumec (deux hommes du Nord) et du colonel Lys, trois de ses membres, pour lui faire un rapport à ce sujet ; et cette commission honora Haïti en proposant un des articles ainsi conçu et décrété :

    « Le Sénat abolit pour toujours la peine des verges ; elle est remplacée par six mois de détention. Il abolit également le genre de mort â la baïonnette : ceux qui l’ordonneront, exécuteront, seront poursuivis et punis comme assassins.  »

    Ainsi, Yayou et Daumec, hommes du Nord, réparèrent le torique nous reprochons aux chefs de cette partie. Nous sommes heureux de le constater. Mais sous le règne de H. Christophe, cet usage barbare existait dans le Nord ; il a cessé à sa mort.