Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/438

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fête patronale de la paroisse ; il se communiqua aux matières inflammables d’une pharmacie voisine, et le vent d’ouest soufflant avec force en ce moment, l’incendie se propagea rapidement et dévora environ 300 maisons en peu d’heures ; le commerce de détail, situé dans la rue des Fronts-Forts, fut ruiné par ce malheureux événement.

Dès le lendemain, le président rendit un arrêté qui affranchit des droits à l’importation, les matériaux nécessaires à la reconstruction des propriétés incendiées. C’était venir au secours des habitans qui avaient souffert de ce désastre ; mais parmi eux, il y en avait qui étaient encore plus à plaindre, par la perte de tout ce qu’ils possédaient ; ces derniers avaient droit à une assistance immédiate. Plein du sentiment de son devoir, Boyer adressa an Sénat un message pour provoquer un décret qui permît d’affecter une somme au soulagement des plus nécessiteux. Par cet acte, rendu le 24 août, le Sénat autorisa le secrétaire d’État à disposer du quinzième de toutes les sommes existantes à la trésorerie générale. Il y avait environ 300 mille gourdes : ce furent donc 20 mille gourdes qui en sortirent pour cet objet[1]. Une commission, présidée par le grand juge Fresnel, fut chargée de cette distribution ; et le public augmenta l’allocation par une souscription volontaire que le conseil de notables recueillit.

  1. Les recettes de l’année 1820 s’élevèrent d’après les comptes généraux, à la somme de 2,213,440 gourdes, et les dépenses à celle de 1,809,228 gourdes ; d’où il résulta une balance favorable de 404,212 gourdes. Il est évident que dans les recettes, les sommes provenant du trésor de Christophe ne furent point comprises, ayant été portées dans un chapitre distinct. — Les produits de la République, dans cette année, furent : 25,200,000 livres de café ; 345,000 livres de coton ; 435,000 livres de cacao ; 413,000 de sucre ; 1,876,000 livres de campêche, etc., le tout en chiffres ronds.