Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/478

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pouvaient donc se plaindre que le président les traitât avec orgueil. Mais en même temps, le président tenait le langage qu’il appartenait au Chef de l’État d’avoir en cette circonstance, en les avertissant tous, que l’opposition au vœu réel du peuple serait puni d’après la loi ; et comme il se préoccupait des meurtres qui pouvaient se commettre, il défendit ces actes de fureur après avoir simplement conseillé de ne pas s’y livrer. En s’appuyant enfin sur la constitution de la République une et indivisible, le Président d’Haïti se posait en chef légal du pays, afin de faire sentir aux généraux du Nord qu’il ne reconnaîtrait aucun autre établissement de gouvernement particulier. Il ne pouvait parler plus dignement, qu’en se présentant comme conciliateur et pacificateur.

Cependant, les généraux du Cap, informés de la présence de nombreuses troupes de la République à Saint-Marc, et de l’occupation des Verrettes et de la Petite-Rivière par le général B. Noël, dès le 13 et le 15, se décidèrent à envoyer les colonels J.-J. Adonis et Edouard Michaud à Saint-Marc, chargés d’annoncer officiellement la mort de Christophe et ce qu’ils se proposaient depuis lors. C’était un ballon d’essai qu’ils lançaient à propos du l’établissement de l’Etat d’Haïti qu’ils prétendaient effectuer. Ces officiers n’étaient porteurs d’aucune dépêche ; ils arrivèrent à Saint-Marc dans l’après-midi du 18, et communiquèrent à Boyer leur mission verbale. Il les accueillit avec bienveillance, mais il était loin d’admettre une nouvelle division du territoire de la République par un État séparé ; car, dès le matin du 18, un ordre général de l’armée sortait de l’imprimerie de Saint-Marc, réglant sa marche pour se rendre dans le Nord.

Par cet acte militaire, l’armée était partagée en quatre