Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/482

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tillerie. Ces bâtimens avaient à leur bord quelques soldats de la garde à pied qui furent aussitôt débarqués avec des fonds qui servirent à payer la solde ordonnée. Les deux demi-brigades furent contenues dans le respect dû au chef de l’État ; mais, lorsqu’il sortit des Gonaïves, la plupart de ces militaires allèrent grossir les rangs des troupes encore soumises aux généraux du Cap[1].

Avant de se rendre sur l’habitation Pongaudin, près des Gonaïves, pour y attendre l’armée, le Président d’Haïti adressa au Sénat un message pour lui rendre compte de ses opérations depuis son départ de la capitale jusqu’alors. Il le termina en annonçant au Sénat, qu’ayant une puissante armée sous ses ordres, pleine d’enthousiasme et augmentée de sept régimens d’infanterie et de cavalerie, ralliés à la République, ainsi que les populations de l’Artibonite, il se disposait à marcher en avant, pour pouvoir proclamer la constitution au Cap, et déjouer les factieux qui essayaient de se faire des partisans, afin d’empêcher la réunion du Nord.

Étant à Pongaudin, où il arriva dans la soirée du 20, n’ayant avec lui que son escorte de cavalerie, son état-major et les quelques soldats de sa garde débarqués de la flotte, Boyer reçut aussitôt, par un dragon, la lettre suivante qu’il faut produire tout entière avec sa réponse :


Liberté,
Indépendance.

Au quartier-général du Cap, le 19 octobre 1820, an 17e.

Au citoyen Jean-Pierre Boyer,

Président de la République du Sud-Ouest d’Haïti.

« Citoyen Président,

Les généraux, organes du peuple et de l’armée du

  1. Mémoires de B. Inginac, pages 41 à 43.