Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 9.djvu/360

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faire la connaissance que j’ai des dispositions favorables du Roi et du Dauphin pour le nouvel Etat.

Après une telle offre, il ne me reste que peu de mots à ajouter. En m’envoyant ici, le Roi m’a imposé des devoirs de deux sortes : je ne manquerai à aucuns, bien que certainement j’éprouverais à remplir les derniers autant de douleur que je ressentirais de joie dans l’accomplissement des premiers.

Je l’ai souvent dit au Président : je ne suis point, un négociateur, je ne suis qu’un soldat ; j’ai reçu une consigne, et je l’exécuterai dans toute son étendue.

Que le Président veuille bien croire que, quelque chose que la Providence décide dans cette grande affaire, je n’en resterai pas moins avec la vive satisfaction d’avoir été appelé à apprécier un homme célèbre, qu’on ne peut approcher sans se remplir pour lui de sentimens de vénération, d’estime, et je voudrais qu’il me fût permis de dire, d’affection.

Le capitaine de vaisseau, gentilhomme de la chambre du Roi,

Signé : Baron de Mackau.

Ces explications étaient la reproduction de celles qu’il avait données verbalement, soit aux commissaires haïtiens, soit au Président, dont il reproduisait aussi les objections dans cette pièce. Elles satisfirent le Président ; et il déclara à M. de Mackau qu’il acceptait l’ordonnance avec confiance, et dans l’espoir que le gouvernement français ferait avec celui de la République un traité qui lèverait toutes difficultés pour l’avenir, par rapport aux clauses insérées dans cet acte royal, et qui réduirait le chiffre énorme de l’indemnité. Satisfait lui-même du succès complet de sa mission, M. de Mackau fit savoir à Boyer qu’il allait expédier en France la goélette la Béarnaise pour y donner cette agréable nouvelle, et qu’il désirait la confirmer officiellement aux yeux de son gouvernement par une lettre du Président d’Haïti, constatant l’acceptation de l’ordonnance et son prochain