Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/60

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DIKÆOPOLIS.

Ô bien-aimée, objet de mes longs désirs, te voilà donc, toi pour qui soupirent les chœurs tragiques, et chère à Morykhos. Esclaves, apportez-moi ici le réchaud et le soufflet. Regardez, enfants, cette maîtresse anguille, qui vient enfin, désirée depuis six ans ! Saluez-la, mes enfants. Moi, je fournirai le charbon pour faire honneur à l’étrangère. Mais emportez-la. La mort même ne pourra me séparer de toi, si on te cuit avec des bettes.


LE BŒOTIEN.

Et à moi, que me donneras-tu en retour ?


DIKÆOPOLIS.

Tu me la donnes en paiement de ton droit au marché. Mais si tu veux vendre quelques autres choses, parle.


LE BŒOTIEN.

Hé ! tout cela.


DIKÆOPOLIS.

Voyons, combien dis-tu ? ou veux-tu troquer contre des denrées emportées d’ici ?


LE BŒOTIEN.

Bien ! Je prends des produits d’Athènes, qu’on n’a pas en Bœotia.


DIKÆOPOLIS.

Tu peux acheter et emporter des anchois de Phalèron ou de la poterie.


LE BŒOTIEN.

Des anchois et de la poterie ? Mais nous en avons, là-bas.