Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 2.djvu/121

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KALONIKÈ.

Mais si nos maris nous laissent là, malheureuse ?


LYSISTRATA.

Alors, selon le mot de Phérékratès, on écorchera une chienne écorchée.


KALONIKÈ.

Viande creuse que ces contrefaçons ! Mais s’ils nous prennent et nous entraînent de force dans la chambre ?


LYSISTRATA.

Cramponne-toi aux portes.


KALONIKÈ.

Et s’ils frappent, que faire ?


LYSISTRATA.

Céder, mais de mauvaise grâce. Il n’y a pas de plaisir à cela, quand on y met de la violence. Il faut les tourmenter de toutes les manières. Sans doute ils seront vite à bout. Jamais l’homme n’éprouvera une vraie jouissance, si la femme n’y a point de part.


KALONIKÈ.

Si c’est là votre avis, c’est aussi le nôtre.


LAMPITO.

Nous déciderons nos maris à faire la paix tout à fait loyalement et sans détour. Mais la cohue athénienne, comment l’amènera-t-on à ne pas déraisonner ?


LYSISTRATA.

N’aie crainte, nous nous chargeons des nôtres.