Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 2.djvu/123

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KALONIKÈ.

Garde-toi, Lysistrata, de jurer sur un bouclier, quand il s’agit de la paix.


LYSISTRATA.

Quel sera donc alors notre serment ?


KALONIKÈ.

Si nous prenions un cheval blanc, pour le sacrifier ?


LYSISTRATA.

Où trouver un cheval blanc ?


KALONIKÈ.

Sur quoi jurerons-nous donc ?


LYSISTRATA.

Eh bien ! moi, de par Zeus ! si tu le veux bien, je vais te le dire. Plaçons là une grande coupe noire creuse : immolons dedans une amphore de vin de Thasos, et jurons sur cette coupe de n’y point verser d’eau.


LAMPITO.

Par la Terre ! quel ineffable serment ! Comme je l’approuve !


LYSISTRATA.

Qu’on apporte de l’intérieur une coupe et une amphore.


KALONIKÈ.

Ô femmes chéries, le superbe vase ! Quelle joie pour quiconque s’en empare sur-le-champ !