Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 2.djvu/134

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



LE CHŒUR DES FEMMES.

Je t’arrose, pour que tu reverdisses.


LE CHŒUR DES VIEILLARDS.

Mais je suis sec et tout grelottant.


LE CHŒUR DES FEMMES.

Eh bien, puisque tu as du feu, tu te réchaufferas.





UN PROBOULOS.

Quels bruyants éclats a produits cette orgie féminine, et ces tambourins, et cette troupe bachique, et ces lamentations sur la terrasse en l’honneur d’Adônis, que j’entendais, l’autre jour, du lieu même de l’assemblée ! Dèmostratos, cet homme digne de malemort, disait qu’il fallait cingler vers la Sikélia, et sa femme criait en dansant : « Aie ! Aie ! Adônis ! » Dèmostratos disait qu’il fallait lever des hoplites à Zakynthè, et sa femme, prise d’ivresse, sur la terrasse, criait : « Pleurez Adônis ! » Et cet infâme Kholozygès, ennemi des dieux, s’épuisait en efforts. Voilà jusqu’où sont allés leurs déréglements.


LE CHŒUR DES VIEILLARDS.

Que serait-ce, si tu savais quelle a été leur insolence ? Entre autres outrages, elles nous ont inondés de l’eau de leurs cruches, à ce point qu’il nous faut secouer nos vêtements comme si nous les avions mouillés d’urine.


LE PROBOULOS.

Par Poséidôn, souverain de la mer ! c’est justice : car nous nous faisons les complices de la perversité des