Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 2.djvu/146

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charges, les mettre à part et leur tondre la tête ; ensuite les jeter dans une corbeille, pour faire la conciliation, cardant ensemble métèques, étrangers, amis, débiteurs du Trésor, tout cela pêle-mêle. Et, de par Zeus ! quant aux villes peuplées de colons de ce pays, les regarder comme autant de pelotons offerts à nos mains, chacun à part, et alors, de cet amas, prendre un peloton, en tirer le fil et n’en faire plus qu’un seul, afin d’en former une grosse pelote qui serve a tisser une læna pour Dèmos.


LE PROBOULOS.

N’est-il pas étrange qu’elles nettoient et pelotonnent tout cela, elles qui n’ont aucune part à la guerre ?


LYSISTRATA.

Mais, cependant, maudit homme, ne portons-nous pas plus que le double du fardeau ? Et, d’abord, nous enfantons des fils pour les envoyer dans les rangs des hoplites.


LE PROBOULOS.

Tais-toi : ne rappelle pas nos malheurs.


LYSISTRATA.

Ensuite, au lieu de nous livrer au plaisir et de jouir de notre jeunesse, nous couchons seules à cause du service militaire. Et encore laissons de côté ce qui nous regarde ; mais il y a des jeunes filles qui vieillissent dans leur couche, et je m’en afflige.


LE PROBOULOS.

Est-ce que les hommes ne vieillissent pas aussi ?


LYSISTRATA.

Mais, de par Zeus ! ce n’est pas la même chose. Un