Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1065

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que l’acte vaut mieux encore que la vertu elle-même? Et pourquoi maintenant accordez-vous à la vertu, comme sa condition la plus belle, non pas ce qui produit l’acte, mais ce dans quoi il n’y a pas même d’acte possible ? »

§ 3. Sans doute ; et maintenant même, nous le disons encore comme nous le disions plus haut : Oui, l’acte est meilleur que la simple faculté. Les autres hommes, en observant un homme vertueux, ne le peuvent juger que par ses actions, parce qu’il est impossible de voir directement l’intention que chacun peut avoir. Si nous pouvions toujours, dans les pensées de nos semblables, connaître où ils en sont relativement au bien, l’homme vertueux nous paraîtrait tout ce qu’il est, sans même avoir besoin d’agir. Mais puisque nous avons énuméré, en comptant les passions, quelques-uns des milieux qui constituent la vertu, il nous faut dire quelles sont les passions auxquelles ces milieux s’appliquent.