Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1074

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observation sera d’autant plus évidente qu’on la vérifiera sur chaque cas particulier. Ainsi, l’homme irascible est celui qui s’emporte contre tout le monde, dans tous les cas, et au-delà des bornes. C’est une disposition très blâmable. Car il ne convient pas de s’emporter, ni contre tout le monde, ni pour toute chose, ni de toute façon, ni toujours, pas plus qu’il ne convient davantage de ne jamais s’emporter, ni pour quoi que ce soit, ni contre personne. Cet excès d’impassibilité est blâmable au même degré.

§ 3. Mais si l’on mérite le blâme pour être dans l’excès et dans le défaut, celui qui sait rester dans le vrai milieu, est à la fois doux et louable. On ne saurait approuver le caractère qui éprouve trop vivement le sentiment de la colère, ni le caractère qui l’éprouve trop peu. Mais celui-là est doux véritablement qui sait se tenir dans une juste mesure entre ces deux extrêmes. Ainsi, la douceur est le milieu entre les passions que nous venons de décrire.