Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1124

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dommage pour lui, on ne fait pas une injustice en les lui ôtant. § 6. Ce raisonnement paraîtra sans doute à la plupart des esprits un pur paradoxe ; car tout le monde se croit fort capable d’user du pouvoir, de la domination, de la richesse ; mais c’est une supposition bien gratuite et bien fausse. § 7. Le législateur lui-même est tout à fait de cet avis ; il se garde bien de confier le pouvoir à tous les citoyens sans distinction. Loin de là ; il détermine avec soin l’âge et la fortune que chacun doit avoir pour prendre part au gouvernement. C’est évidemment que le législateur ne pense pas que tout le monde indistinctement puisse commander ; et si quelqu’un se révolte de ce qu’il est sans autorité, et qu’on ne lui permet pas de gouverner : « Vous n’avez rien dans l’âme, lui peut-on dire, de ce qu’il faut pour commander et pour gouverner les autres. » § 8. En ce qui regarde le corps, nous pouvons observer que, pour se bien porter, il ne suffit pas de prendre uniquement des choses absolument bonnes ; mais si l’on veut guérir une santé mauvaise, il faut suivre un régime, et ré-