Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1211

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hommes possèdent non pas par [20] nature ni même par étude, mais qu'ils acquièrent par la simple habitude, mauvaises quand ils ont contracté de mauvaises habitudes, et bonnes quand ils en ont contracté de bonnes.

§ 5. Enfin nous rechercherons si, toutes ces explications du bonheur étant fausses, le bonheur n'est l'effet que de l'une de ces deux causes : ou il vient de la faveur des Dieux qui nous l'accordent, comme ils inspirent les hommes saisis d'une fureur divine et embrasés d'enthousiasme sous le souffle de quelque génie ; ou bien, il vient du hasard ; [25] car il y a beaucoup de gens qui confondent le bonheur et la fortune.

§ 6. On doit voir sans peine que le bonheur ne se trouve dans la vie humaine que grâce à tous ces éléments réunis, ou à quelques-uns d'entre eux, ou tout au moins à un seul. La génération de toutes les choses vient , ou peu s'en faut, de ces divers principes ; et c'est ainsi qu'on peut assimiler tous les actes qui dérivent de la réflexion aux actes même [30] qui relèvent de la science.

§ 7. Le bonheur, ou en d'autres termes une heureuse et belle existence, consiste surtout dans trois choses, qui semblent être les plus désirables de toutes ; car le plus grand de tous les