Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1219

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


passe tout entière dans les [5] plaisirs du corps. Ceci doit faire comprendre pourquoi il y a tant de différences, comme je l'ai déjà dit, dans les idées qu'on se fait du bonheur.

§ 4. On demandait à Anaxagore de Clazomènes quel était suivant lui l'homme le plus heureux :«  Ce n'est aucun de ceux que vous supposez, répondit-il ; et le plus heureux des hommes selon moi vous semblerait probablement un homme bien étrange. » Le sage répondait ainsi, parce qu'il voyait bien que son interlocuteur ne pouvait pas s'imaginer qu'on dût mériter cette appellation d'heureux, [10] sans être tout au moins puissant, riche , ou beau. Quant à lui, il pensait peut-être que l'homme qui accomplit avec pureté et sans peine tous les devoirs de la justice, ou qui peut s'élever à quelque contemplation divine, est aussi heureux que le permet la condition humaine.

Chapitre 5