Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1222

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jouit mieux qu'aucun monarque du monde.

§ 7. De même, on ne voudrait pas non plus la vie pour le simple plaisir d'y dormir ; car, je vous prie, quelle différence y a-t-il à dormir du premier jour jusqu'au dernier [5] pendant une suite de mille années et plus, ou de vivre comme une plante ? Les plantes n'ont que cette existence inférieure, comme l'ont aussi les enfants dans le sein maternel ; car du moment qu'ils sont conçus dans les entrailles de leur mère, ils y demeurent dans un perpétuel sommeil.

§ 8. Tout ceci nous prouve évidemment [10] notre ignorance et notre embarras à savoir ce qu'il y a de bonheur et de bien réel dans la vie.

§ 9. Aussi dit-on qu'Anaxagore répondit à quelqu'un qui lui proposait tous ces doutes, et qui lui demandait quel motif aurait l'homme de préférer l'existence au néant :«  Son motif, c'est de pouvoir contempler les cieux, et l'ordre admirable de l'univers entier. » [15] Le philosophe pensait donc que l'homme ferait bien de préférer la vie uniquement en vue de la science qu'il y peut acquérir.

§ 10. Mais ceux qui admirent le bonheur d'un Sardanapale, d'un Smindyride le Sybarite, ou de tel autre personnage fameux qui n'a cherché dans la vie que de continuelles délices , tous ces gens-là