Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1318

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314 MOftALE A EUDÈME.

dont on supporterait la douleur qu'elle cause. En effet, on a beau supporter les excès du chaud et du froid, et en- durer toutes ces épreuves qu'ordonne la raison, mais qui sont sans danger, si l'on montre de la fail^lesse et de la crainte devant la mort, sans aucun autre motif que l'effroi de la destruction même qu'elle nous apporte, on passera pour un lâche, tandis qu'un autre, qui sera sans force contre les intempéries des saisons, mais impassible en face de la mort, passera pour un homme plein de courage, g 23. C'est qu'il n'y a de vrai danger dans les choses à craindre, que quand on sent tout près de soi ce qui doit causer notre destruction. Le danger ne se montre dans toute sa grandeur que quand la mort est à vos côtés. Ainsi, les choses dangereuses où, selon nous, se mani- feste le courage, sont bien celles qui semblent devoir causer une douleur capable de nous détruire. Mais il faut, en outre, que ces choses soient sur le point de nous atteindre, qu'elles ne se montrent pas seulement à distance, et qu'elles soient ou paraissent d'une certaine grandeur qui se proportionne aux forces ordinaires de l'homme. § '2li. Il y a des choses, en effet, qui doivent nécessairement paraître redoutables à tout homme quel qu'il soit, et le faire frémir; car de même que certaines températures extrêmes de chaud et de froid, et quelques autres in-

��se rendre comple des motifs qui C'est là ce qui fait que la plupart des

raniment. homnics ne pensent même pas îi la

§ 23. Çuantl on sent tout prîs de mort, bien qu'il y eu ait assez peu

501... C'est une des conditions essen- qui soient capables delà regarder

tiellcs du courage, parce qu'il est eu face.

très-facile de braver des dangers éloi- § 2Zi. Les émotions. Ou passions

gnés, tout inévitables ([u'ils sont, ile Vamc, comme le dit le texte. —

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