Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1405

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LIVRE VII, en. VI, g l:^. AOl

souhaiter la vie de quelqu'un, à désirer de vivre toujours ensemble, à partager ses joies et toutes ses douleurs, à n'avoir en un mot qu'une âme, comme on dit, et à ne pouvoir se passer l'un de l'autre et à mourir même ensemble au besoin ; voilà ce que fait éminemment l'indi- vidu en tant qu'il est un ; et apparemment qu'il est avec lui-même en une société perpétuelle; Ce sont bien là, je l'avoue, tous les sentiments que l'homme de bien épronve envers lui-même. § 12. Dans le méchant au contraire, tous ces sentiments sont en désaccord ; il n'est pas moins partagé que l'intempérant ; et voilà pourquoi il peut être même son propre ennemi. Mais, en tant que l'individu est un et indivisible, il se désire et s'aime toujours lui-même. § 13. Or, c'est là justement ce qu'est l'homme de bien, et l'ami en qui l'affection n'est inspirée que par la vertu. Mais le méchant n'est pas un, il est plusieurs ; il change en un seul jour du tout au toyt ; et il est cent fois dégoûté de lui-même. J'en conclus que l'amour qu'on éprouve envers soi personnellement, peut être ramené à l'amitié de l'homme vertueux. C'est parce qae l'homme de bien est en un certain sens semblable à lui-même, c'est parce qu'il est un et parce qu'il est bon pour soi, qu'en ce sens il est son propre ami et qu'il se désire. L'houune

��§ 11. Voilà ce que fait cmiiinn- méchanî est tris-vraie; mais la di-

wc;iif /'(M</ù'iV/j<. C'est là une subtilité gressioii continue, t la solution de

plutôt qnc l'analyse d'un fait réel, la question n'avance pas.

— fc sont bien là, je Vuroue... Dé- § t.S. ]l est plusieurs. Expression

tailsim peu longs, et qui j)eut-élre ne très-éneri^ique et très-exacte. — J'en

se rattachent pas assez directement h contins. Celle conclusion est préparée

la queslion. un peu trop longuement par tout ce

§ 12. Dans le mécliant au con- qui précède. — L'homme de bien est

traire. Celte peinture de l'àme du selon la Hf/(»M. Principe excellent,

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