Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/197

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PUÉFACE. cixxxix

" regards des hommes et des dieux, sans s'arrèîer ni à » l'opinion ni à l'apparence: » et il a poussé cette difli- cile étude à des profondeurs où il semblait que jus- qu'alors personne n'eût osé la poursuivre. 11 s'est enfermé seul avec la raison, qu'il prend pour la conscience, dans ce labyrinthe, dont il connaît tous les détours. Le fil qu'il déroule est bien quelquefois un peu confus; et ce n'est pas sans peine qu'on marche sur ses traces souvent obscures. Mais l'ap- plication même qu'il apporte à en démêler tous les replis, attache et intéresse. H n'y a pas jusqu'aux subtilités et aux embarras de son propre système qui ne redoublent l'attention passionnée de ceux qui se font, pour un instant, ses compagnons ; et l'on arrive à la fin de ce noble voyage, si ce n'est bien convaincu d'avoir suivi le meilleur et le plus court chemin, du moins pénétré de respect pour celui qui vous y a guidé. On en rapporte, malgré tant d'épines, quelque chose de cette sérénité du cœur qu'on ressent a la vue d'une belle chose, ou mieux encore à la suite d'une belle action. On vient de contempler la vertu, si non tout à fait dans le tableau que Kant en a tracé, au moins dans l'âme de Kant lui-même, qui vaut mieux que ce tableau parfois trop peu fidèle. En ce sens, il n'est pas d'éloges que ne mérite la Critique de la

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