Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/203

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PIÎÉFACE. (.MX

société où il vivait, eût de Irès-bnnnos raisons de conseiller la prudence et la réserve. Mais il était digne de sa grande àme de s'élever au dessus de ces accidents misérables, et de ne pas envelopper la nature humaine dans une réprobation qui ne s'adres- sait avec justice qu'à un temps et à un pays en parti- culier. Rant aura souffert plus d'une lois sans doute des relations sociales qu'il était forcé d'entretenir, dans un milieu peut-être assez peu digne de lui; et cédant à des préventions toutes personnelles, il aura transporté à la nature de l'homme ce qui n'était qu'une nécessité de sa propre situation. Mais quoi- qu'il ait pu en penser, l'homme n'est pas insociable, même au sens où il le croit. Seulement, sous certains gouvernements, avec certaines personnes, il faut savoir se taire, si l'on tient à son repos, et si le devoir ne vous ordonne point une franchise dange- reuse. Mais voilà comment Kant a pu douter de l'amitié, et peut-être a eu le malheur d'en être privé.

La remarque que je veux faire sur la religion est beaucoup plus grave.

Kant prétend que la science dos devoirs envers Dieu est en dehois de la P/iilQsophir morale; et sa conviction sur ce point est si bien arrêtée qu'il y est

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