Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/24

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XIV PRÉFACE.

un antre, aussi souvent que varie l'empirisme lui- même. C'est à la conscience seule qu'elle doit s'a- dresser. La voix qu'elle y entendra sera toujours assez sonore pour qu'elle ne puisse jamais se mé- prendre à ses vrais accents ; et puisque cette voix suf- fit souvent, si ce n'est toujours, pour assurer à l'homme la vertu, elle lui assurera bien plus aisément encore la vérité, quand il saura la chercher avec attention et simplicité de cœur.

Sans l'observation psychologique, pas de science morale, ou bien une science arbitraire, tel est le prin- cipe supérieur de la méthode qu il faut suivre dans ces délicates recherches.

Nous ne devons pas d'ailleurs nous effrayer d'un scrupule que Kant soulève et qui l'agite bien vaine- ment. Il rejette la psychologie, entachée d'empirisme à ses yeux, parce qu'il craint qu'elle ne compromette la sainte autorité de la loi morale. Les préceptes qu'elle nous révèle n'ont de valeur, dit-il, que dans les conditions contingentes de l'humanité ^ ; et ils ne peuvent légitimement, à ce qu'il pense, réclamer de nous ce respect sans bornes, dont nous entourons

��(l) Kant, FoiidciitcHts de la Mttupliysicfitc des Jiia'ui's. page 37, ti-ad. do ^]. Barni.

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