Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/25

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PRÉFACE. XV

les prcccplos qtii s'appliquent universellement à tous les êtres raisonnables. C'est être vraiment par trop limoré. L'homme, en étudiant sa conscience avec le soin convenable, y trouve des conseils impérieux auxquels il se sent moralement obligé d'obéir, bien ([ue souvent sa conduite y soit rebelle. Il n'a que Taire, pour s'y soumettre, de savoir si ces lois sont valables pour l'universalité des êtres doués de rai- son ; il n'a point à stipuler pour eux ; surtout il n'a point à les régir. Il lui suffit de savoir que ces lois sont applicables à lui, pour qu'il soit tenu de ne point les cuIVeindre. Que leur juste compétence s'étende plus loin, et que de l'homme elles remontent aux autres créatures raisonnables que Dieu a pu faire, et jusqu'à Dieu lui-même, ce sont là des questions fort graves et fort curieuses ; mais elles sortent du do- maine de la morale, et il faut les renvoyer à la méta- physique, sous peine de confondre toutes les régions de la philosophie. Aller croire que ce que nous enseignera la conscience régulièrement interrogée n'a point de valeur, en tant que purement humain et contingent ; et croire, d'un autre côté, que la raison pure aura le droit incontestable de nous instruire, parce qu'elle portera ses regards au-delà de l'huma- nité, c'est une contradiction flagrante et une subti-

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