Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/256

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


ccM.Mii ITiEFACi:.

illégalité sur laquelle il est plus conveuable de fixer ses regards. C'est l'inégalité morale, que le jeune hoiftme peut sentir assez aisément, et que l'enfanl même sent de très-bonne heure parmi les compagnons de son âge. Celle-là est plus essentielle à reconnaître que l'inégalité civile ; et c'est à elle surtout qu'il faut s'attacher durant toute sa vie ; car c'est elle qui peut donner le secret des cœurs et le secret même des choses. En tant que personnes morales, tous les hommes sont égaux ; et de là, le respect qu'on leur doit indistinctement à ce titre commun, comme de là aussi, l'égale justice, qui est le devoir de la loi. Mais sous cette égalité de nature, qu'il ne faut jamais oublier, que de différences et d'inégalités réelles î Les négliger ou ne point les apprécier, ce serait man- quer de prudence ou de discernement ; ce serait se préparer des mécomptes, ou risquer de commettre bien des iniquités. Confondre tous les hommes que l'on connaît dans une égale estime ou une égale bien- veillance, vaut mieux que les confondre dans un égal mépris ou une égale haine. Mais avec la preuve d'un bon cœur, c'est la preuve aussi d'un aveuglement ou d'une indifférence assez peu louable. 11 faut distinguer le mérite moral pour ne se donner qu'à lui pleine- ment et sans retour, et bien savoir, suivant laxiômc

�� �