Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/257

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PilÉFACE. <xM.ix

aiilique, qu'il u'y a d'amitiés sûres que celles des gens de bien.

J'ajoute que cette habitude de n'apprécier les gens que d'après leur valeur absolue, permettra de juger aussi plus sainement les choses de la société ; car l'ascétique morale va jusque-là, sans avoir à craindre d'usurper sur un domaine qui n'est pas le sien. On s'est trop accoutumé en politique à ne penser qu'à l'intérêt ; et les citoyens , aussi bien que les chefs des États, ne sougent guère qu'à ce qui peut leur être utile. Pour diriger son jugement , et au besoin sa conduite, dans le conflit si compliqué qu'en- gagent tant de passions, c'est la loi morale qu'il faut seule consulter. Si tous les citoyens s'attachaient à la suivre dans les opinions qu'ils adoptent, le gouver- nement des sociétés deviendrait à la fois beaucoup plus facile à ceux qui en out le fardeau, et beaucoup plus profitable à ceux qui y sont soumis. Malheureu- sement, découvrir le bien dans les questions politiques est souvent plus diOicile que dans les questions de la conscience; et sauf quelques cas exceptionnels, où le devoir est évident, on s'abstient de se décider au moins autant par ignorance que par faiblesse. C'est un tort de la part de celte minorité d'élite à laquelle

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