Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/302

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ccxciv DISSERTATION

la seconde place, ainsi que M. Spengel, à la Morale à Eudème, sans affirmer comme lui qu'elle soit d'Eudème de llliodes, le disciple d'Aristote. Elle suit de très-près la Morale à Nicomaque, dans les quatre livres où elle ne la répète pas mot à mot ; et, sans porter comme elle le vrai cachet aristotélique, elle reproduit presque toute la doc- trine, et parfois le style, avec la plus exacte fidélité. Enfin, je ne mets aussi la Grande Morale qu'en troisième ligne, et à une assez grande distance des deux autres. La Grande Morale me paraît composée, d'après la Morale à Eudème, plus encore que d'après la Morale à Nicomaque ; et le caractère général trahit une main peu expérimentée, si ce n'est une époque postérieure, sans que je place d'ailleurs cet ouvrage assez bien écrit sur la ligne du petit Traité du Monde et de la Rhétorique à Alexandre, qui le sont assez mal. Mais je ne trouve pas qu'il soit le plus complet des trois ouvrages, comme le dit M. Spengel ; et les deux théories de la prospérité et de l'honnêteté parfaite, ne suffisent pas à mes yeux pour justifier le titre de Grande Morale. Je préfère m'en tenir à l'hypothèse que j'ai pro- posée : c'est plutôt une simple erreur de copiste qui aura fait passer cette désignation, de la Morale à Nicomaque, à un extrait, qui est bien loin d'elle par le mérite du style et par l'étendue.

Je pense encore avec M. Spengel que les trois livres communs ont passé de la Morale à Nicomaque dans la Morale à Eudème. Mais je ne puis croire avec lui, même à l'état de simple hypothèse, que la première discussion sur le plaisir soit un fragment de l'ouvrage original d'Eu- dème, qui de là se sera glissé dans l'œuvre magistrale. Nous savons trop dans quel désordre nous sont parvenus

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