Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/328

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(.rrA-x DISSERTATION

et avant de passer à la Politique, que ce traité prépare et ({ui en est l'achèvement.

Telle est l'ordonnance de la Morale à Nicomaque, un des plus beaux monuments qu'ait élevés la philosophie cà la science morale. Cette ordonnance est fort simple, très-claire, et sauf quelques parties mal jointes, elle est même plus régulière qu'aucune des œuvres aristotéliques. Elle commence, et elle finit, par des théories qui se tiennent étroitement entr' elles. Les intervalles sont généralement bien remplis; et les lacunes sont assez peu frappantes, pour qu'on puisse n'en tenir aucun compte, comme l'a fait l'antiquité tout entière.

En regard de cette analyse de la Morale à Nicomaque, plaçons celle de la Morale à Eudème ; et nous verrons si, de cette comparaison on peut tirer quelques inductions décisives sur l'attribution légitime des livres contro- versés. On ne s'attend pas d'ailleurs à trouver ici de grandes différences, puisque la Morale à Eudème n'est le plus souvent qu'une imitation de la Morale à Nico- maque, quand elle n'en est point une reproduction identique.

Le début est peut-être le point où elles s'éloignent le plus l'une de l'autre ^. Ce n'est plus du bien qu'il s'agit, c'est exclusivement du bonheur; et ce caractère particu- lier restera celui de tout le traité, comparé à la Morale à Nicomaque. M. Fritzsch a eu raison d'appuyer sur cette considération, qui est importante, sans d'ailleurs entraî-

��(i) Schleiermacher trouve avec raison que le commencement de la Moral? il Eudème n'est pas du tqut dans la manière d'ArisJote, tom. III de la philo- sophie, dans les Œuvres complètes, p. 310.

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